LES ILES IONIENNES







Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ...


Les Îles Ioniennes constituent un archipel de onze îles qui s'étend tout au long du littoral occidental de la Grèce, du Péloponnèse à l'Epire.
Les six plus grandes sont Corfou (Kerkira), Céphalonie (Kefalonia),
Ithaque (Ithaki), Leucade (Lefkada), Paxi et Zante (Zakinthos) ;
les plus petites sont Antipaxi, Erikoussa, Mathraki, Othoni, Meganissi et l’archipel des Strofades, îles désertes au sud de Zante.
Avec Cythère (Kithira), coupée des autres îles, au large de la côte sud du Péloponnèse et des rivages de Laconie, et l’île voisine d’Andikithira, elles constituent l’Heptanèse.

Le passé lointain des îles Ioniennes, que nous révèlent les vers de l’Odyssée d’Homère, remonte au fin fond des millénaires (la plupart de ces îles sont habitées depuis le Néolithique).

Le fil de leur histoire est marqué d’étapes cruciales :

- colonisation des Péloponnésiens et des Eubéens (VIIIe s. av. J.-C.) ;

- implication dans la Guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte (431- 404 av. J.-C.) ; occupation romaine (229 av. J.-C.) ;

- domination vénitienne (1204-1797).

En 1797, la France obtient l'Heptanèse au traité de Campo-Formio, qu'elle transforma en trois départements français de Grèce, baptisés :
Corcyre, Ithaque et Mer-Égée. Ces départements seront perdus en 1798 et 1799 et officiellement supprimés en 1802.

Le 2 avril 1800, les Russes et l'Empire Ottoman s'accordent pour former la République fédérative des Sept-Îles (Traité de Constantinople).

Le 7 juillet 1807, lors de la signature du premier traité de Tilsit, la Russie cède de nouveau les îles à la France, qui les annexe.

Occupées en majeure partie par les Britanniques dès 1809 (à l'exception de Corfou bloquée jusqu'en 1814), les Îles Ioniennes sont attribuées au Royaume-Uni
(formellement, aux Puissances victorieuses de Napoléon) sous la forme d'un protectorat par le traité de Paris le 5 novembre 1815.

En 1864, elles seront cédées à la Grèce par le traité de Londres, et formeront désormais la périphérie (région) des îles Ioniennes.



Administrativement parlant, Cythère est maintenant rattachée au nome (préfecture) du Pirée, avec les îles du golfe Saronique.
Les chiffres relatifs à la superficie et la longueur des côtes des différentes îles nous ont été donnés par l'Office Hellénique du Tourisme.




CORFOU (KERKYRA) - Superficie : 611 km2 - 217 km de côtes - Spécialités : confiture et liqueur de kumquats




"Là poussent de grands arbres florissants, poiriers, grenadiers, pommiers aux fruits éclatants, figuiers domestiques et luxuriants oliviers. Jamais leurs fruits ne meurent ni ne manquent, hiver ni été"
(Homère, L'Odyssée, chant VII) Après une traversée mouvementée, Ulysse échoua sur une plage de Corfou, à l'écart du monde. Il y rencontra la princesse Nausicaa qui, par la suite , épousa Télémaque, fils de notre héros.


Corfou doit son nom à Korkyra, une nymphe, fille du fleuve Asopos et de la rivière-nymphe Métopé. Poséidon, étant tombé amoureux d'elle, l’aurait emmenée sur cette île.
De leurs amours est né
Phéax. Ce dernier nom pourrait également expliquer l’origine du nom des Phéaciens.

Corfou, l'île verdoyante des Phéaciens, dernière étape d'Ulysse sur le chemin du retour vers Ithaque, est la plus connue des îles ioniennes.
Corfou est la région grecque la plus proche de l'Italie. Les Corfiotes (habitants de Corfou) parlaient et pour certains d'entre eux – les plus vieux notamment – parlent encore un idiome gréco-vénitien où abondent les vocables italiens.
L'île est aussi à moins de trois kilomètres de la côte albanaise. Sa position géographique lui confère une riche histoire.
La faune est très riche. Les mers autour de Corfou abritent un petit nombre de phoques moines (une des espèces les plus menacées d'Europe).
On peut aussi apercevoir quelques dauphins non loin des côtes.
Dans cette île cosmopolite, on peut à la fois se reposer et s'amuser, car ce haut-lieu du tourisme international a tout pour plaîre aux visiteurs les plus exigeants, entre autres une vie nocturne très animée.

A VOIR

Le chef-lieu homonyme de l’île, qui en est aussi le port principal, se situe pratiquement au centre de la côte est, en face de l’Épire.
C’est la plus importante cité médiévale vivante de Grèce, et l’une des plus belles de Méditerranée.
La ville de Corfou abrite l’une des plus vastes places de Grèce, l’étonnante Spianada (Esplanade).
La promenade dans les quartiers de la ville vaut la peine : Campielo, le plus ancien, avec ses venelles vénitiennes dallées ; Mouragia, très beau quartier près des remparts maritimes de la ville ; Mandouki (près du port moderne) ; Omvriaki, l’ancien quartier juif ; la place Saroko, centre de la ville moderne ; la baie de Garitsa et ses ruelles pittoresques, ses villas et maisons particulières, où se trouve le monument de Ménécratès.
Quant aux églises, la plus célèbre, en raison du prestige des reliques du saint patron de la ville, est celle d’Agios Spyridon (1859), flanquée d’un clocher en forme de tour. 
Très intéressants aussi, le Musée archéologique, le musée d’Art byzantin et postbyzantin dans l’église de la Panagia Antivou-niotissa, le musée d’Art asiatique (palais de saint Michel et saint Georges).
Au nord de la ville, se trouvent quelques-unes des stations balnéaires les plus cosmopolites de Corfou, très fréquentées par les touristes et dotées d’une bonne infrastructure hôtelière : il s’agit de Kontokali, Gouvia (où l’on trouvera l’une des plus grandes marinas de la Méditerranée), la bourgade cosmopolite de Kommeno, Dassia, Ipsos, Pirgi et le très beau village d’Agios Markos, Barbati, Agios Stefanos, etc.
Au sud de la ville, on trouvera de beaux villages perdus dans la verdure, de belles plages, de nombreux hôtels et pas mal de choses à voir : Perama, banlieue de Corfou équipée d’une bonne infrastructure touristique ; Gastouri, endroit charmant où se trouve le majestueux palais de l’impératrice d’Autriche Elisabeth (Sissi), l’Achilleion (1890), aujourd’hui converti en musée.
C'est également au sud de la ville de Corfou que se situe la péninsule de Kanoni
. Au large de Kanoni se trouve l'îlot du monastère de Vlacherna.
Au paysage vient s'ajouter la célèbre île de Pontikonissi, avec l'église de Pantocrator. C'est ce petit coin de terre (l'île de la Souris) qui est probablement le symbole le plus connu de Corfou.
Selon la légende, l'île serait le bateau d'Ulysse, pétrifié par Poséidon. Ulysse se serait échoué sur un rocher à cet endroit en voulant regagner Ithaque.


Au nord de l’île, où se dresse le mont Pantokratoras (alt. 911 m), on découvrira Kassiopi, centre de la région, et les ruines d’une forteresse byzantine, Roda, Aharavi, station balnéaire bien développée et Sidari, autre station en bord de mer également connue pour ses roches aux formes originales et pour le « Canal de l’Amour ».

L’ouest de l’île ne vaut pas moins le détour. La localité pittoresque de Perouladès peut s’enorgueillir d’un riche héritage architectural vénitien. Afionas, construit sur un petit cap, dispose d’une vue superbe sur la baie d’Aï Giorgi et sur la pleine mer. À proximité du village traditionnel de Krini subsiste la forteresse byzantine d’Angelokastro, édifiée au XIIIe siècle par les despotes d’Épire. On y jouit d’une vue exceptionnelle, d’où le nom de «Bella Vista» donné à cet endroit. Non loin de là, on trouvera la fameuse Paleokastritsa, réputée pour la fraîcheur de ses eaux transparentes, la ligne élégante de ses rivages, la luxuriance de sa végétation, mais aussi le monastère historique et homonyme dédié à la Vierge (1225).


ÎLES VOISINES À l’entrée du port de Corfou se trouve l’îlot de Vido, l’antique Ptychia.
À quelques milles marins au NO de Corfou s’étend l’archipel des îles Diapontia (Erikoussa, Mathraki, Othoni).
Erikoussa (à 4,5 m.m. de Sidari) offre quelques chambres à louer et un petit hôtel, pour des vacances tranquilles. Mathraki, à 4 m.m. de la côte NO (en face d’Arillas), a de belles plages de sable fin.
Othoni, à 7,5 m.m. au NO de Corfou, a été identifié au site de la rencontre entre Ulysse et Nausicaa ; deux petites agglomérations y offrent quelques chambres à louer.
De petits bateaux transportent les visiteurs depuis Sidari et Arillas.






PAXI - Superficie : 25 km2 - 46 km de côtes - Spécialité : huile


Paxi


Paxi est la plus modeste des « grandes » îles de la mer Ionienne.
Elle se situe à 7 km au sud de Corfou, et son histoire est étroitement liée à la sienne. Une légende veut d’ailleurs que les deux îles, unies à l’origine, aient été séparées d’un coup de trident par le dieu de la mer, Poséidon. 
En débarquant à Gaïos, le minuscule port de Paxi, on découvre un petit paradis terrestre facile à explorer.
La particularité de cette île est sa taille : elle est si petite qu'on peut la parcourir à pied d'un bout à l'autre. Couverte de vignes et d'oliviers, elle fait penser à un immense verger.
Sa principale colline, le mont Agios Issavros, culmine à 250 m. d'altitude.

A VOIR

Gaïos, chef-lieu de Paxi, est situé sur la côte est
, au fond d'une baie fermée, dans une région très verdoyante.

Au sud de l’île, on arrivera dans le village pittoresque d’Ozia, la localité la plus importante après Gaïos, où sont conservées, au lieu dit Porto, les ruines de l’église paléochrétienne Agia marina, et plus haut, celles de l’église Agios Stefanos ; à côté du port, on verra des rochers impressionnants aux formes curieusement érodées.
Au point le plus au nord de l’île, ce sera Lakka, construite dans une baie abritée du vent.Ypapanti
Non loin de là se trouve la grotte marine de l’Ypapanti,  liée selon la tradition à l’église byzantine sous le même vocable.

L’île a, dans l’ensemble, des côtes dentelées qui méritent d’être longées en bateau.
On peut rejoindre en bateau les îlots d’Agios Nikolaos (forteresse vénitienne et vieux moulin à vent), de Panagia ainsi que ceux de Kaltsonissi et Mongonissi, au sud
(ce dernier étant uni à Paxi par un petit pont).
Le 15 août a lieu une fête sur l’îlot de la Panagia (îlot de la Vierge) : du consommé est offert aux pèlerins et le soir, on va danser sur la place de Gaïos.






ANTIPAXI - Superficie : 14 km2




L’île d’Antipaxi
,
petite île paisible, se
trouve à 3 m.m. de Gaïos
Elle n'habrite aucun habitant sur l'année si ce ne sont quelques agriculteurs qui viennent y entretenir des champs de vignes. Ces agriculteurs sont pour la plupart originaire de Paxi et font l'aller-retour entre les deux îles pour maintenir leurs exploitations. Des oliviers sont aussi entretenus sur la petite île pour l'huile. Les vins produits à Antipaxi peuvent être achetés dans les commerces locaux de l'île de Paxi. Vous trouverez des tavernes sur l'île mais aucun logement.

Couverte de vignes, elle a aussi de très belles plages aux eaux turquoise transparentes (Vrika et Voundoumi sont les plus fréquentées), principales attractions de l'île avec les somptueuses grottes qui bordent une grande partie de l'île, au nord comme au sud.






LEUCADE
(LEFKADA) - Superficie : 295 km2 - 117 km de côtes -
Spécialités : broderies, miel et lentilles - Curiosité : saut de Leucade


Leucade


L'ïle de Leucade (Lefkada en grec) est en fait davantage une presqu'île qu'une île. Un simple pont mobile enjambe la lagune peu profonde qui la sépare du continent.
Un canal, creusé par les Corinthiens en 640 av. J.-C., permet le passage de petits navires.
C'est une île montagneuse dont le point culminant est le mont Elati (1 182 m) et qui est couverte d'une végétation dense à l'est et au sud.
Au large de sa côte orientale, se nichent de petites îles verdoyantes, dont la fameuse Skorpios (propriété privée d'Onassis).

A VOIR

Le chef-lieu et port principal est la ville homonyme, sereine, typiquement ionienne, étalée le long du littoral en face des rivages d’Acarnanie. Il faut prendre la peine de visiter le parc Bosquetto, agrémenté de bustes de personnalités de l’île, ainsi que la maison natale du poète national du Japon, Yakumo Koïzumi (Lafcadio Hearn) ; de même, le fort Sainte-Maure, érigé en 1300 par le Sicilien Jean Orsini à proximité du canal, sur un îlot de la lagune, puis réaménagé et agrandi par les Vénitiens et les Turcs.
Le Musée archéologique (objets provenant des fouilles menées dans l’île et couvrant la période qui va du Paléolithique à l’époque romaine tardive), le musée d'Art populaire, le Musée des gramophones qui abrite une c
ollection d'anciens gramophones mais aussi des costumes traditionnels, méritent d'être visités.

En dehors de la ville, il vaut la peine d’aller voir le monastère de la Panagia Faneromeni (près du village de Frini), qui est le lieu de pèlerinage le plus important de l’île et qui abrite des icônes de valeur et une église conventuelle construite en 1634 ; l’église Aï Iannis o Antzousis, où, selon la tradition, Saint Paul annonça le christianisme et à 6 km au sud-est de la ville, les ruines de l’ancienne Leucade, l’une des cités les plus vastes de Grèce, avec des vestiges d’un théâtre et de murs.
Baie de Nidri

Si l’on suit la route qui part de la ville en direction du sud en longeant le littoral du côté est, on passe successivement par Ligia, important centre de pêche,

Nikiana, lieu de vacances idéal, Perigiali, charmante agglomération de bord de mer, avant d’aboutir à Nidri, l’un des villages les mieux mis en valeur
sans doute en raison de la qualité de la mer et de la vue sur les îles Prinkiponissia (Skorpios, Skorpidi, Madouri, Sparti, etc.).

Plus au sud, on arrive à Vassiliki, bourgade verdoyante qui bénéficie d’une plage de sable fin dans une rade fermée, paradis des surfeurs.
De là, on peut aller en petit bateau jusqu’au cap Leucate (la roche blanche) ou Saut de Leucade.
Le « saut de Leucade », est une falaise surplombant la mer de 72 m. Pendant l'Antiquité, elle faisait office de jugement divin : les accusés, contraints de plonger dans la mer, étaient libérés quand ils sortaient vivants de l'épreuve. La poétesse Sapho (Sapphô), désespérée de savoir que son amour pour un certain Phaon n'était pas partagé, n'aurait pas résisté à ce grand plongeon, que les prêtres d'Apollon réussissaient sans difficulté. Non loin de là, on trouvera Porto Katsiki, l’une des plus belles plages de l’île, dont les eaux cristallines ont des reflets d’un bleu très lumineux.

La côte ouest nous réserve la découverte d’Agios Nikitas, pittoresque village de pêcheurs devenu une station balnéaire cosmopolite avec hôtels et tavernes en grand nombre, entre les belles plages très courues de Pefkoulia et Kathisma.

Athani, à 40 km au sud-oust du chef-lieu, est un village de montagne qui conserve lui aussi des échantillons d’architecture locale traditionnelle et produit un excellent miel, très parfumé.
Karia, sis quasiment au coeur de l’île, est une bourgade de montagne perdue dans la verdure qui maintient vivante une belle tradition de broderie (broderies dites « karsanika »). Il vaut la peine de visiter ici le musée d’Art populaire, qui expose des objets témoins de la vie quotidienne des temps passés.

N'oublions pas Englouvi, le village le plus haut perché de l’île, réputé pour la succulence de ses lentilles ainsi que Sivros et sa forêt de lauriers.

Chaque année (juin-août) sont organisées dans la ville de Leucade des manifestations culturelles appelées « Fêtes du langage et de l’art ».
En juin ont lieu à Nidri des championnats du monde de jet-ski.


ÎLES VOISINES
Meganissi


MEGANISSI ET SES ÎLOTS

Entre Leucade et le continent s’étendent un certain nombre d’îlots.

Ce sont, outre les îles Prinkiponissia (Skorpios, île appartenant à Athina Onassis, Skorpidi, Madouri, Sparti, etc.), Kalamos, Kastos et Arkoudi. 
Mais le plus grand est Meganissi, à 4 m.m. à l’est de Nidri. Il compte trois agglomérations (Katomeri, Spartohori et Vathi) et est relié par bateau à Nidri.






CÉPHALONIE (KEFALONIA) - Superficie : 786 km2 - 254 km de côtes - Spécialités : nougat, miel et vin


Céphalonie


Cette île, la plus vaste de la mer Ionienne, s’étend en face de la côte ouest du Péloponnèse.
Au nord-est se trouve Ithaque, dont elle est séparée par un étroit canal maritime et elles forment ensemble le département de Céphalonie.
C'est une île essentiellement montagneuse, riche en eaux souterraines. Le mont Ainos, situé au sud-ouest, culmine à 1 628 mètres.
La côte, très découpée, compte quatre péninsules et des baies profondes.

En 2001, Céphalonie (Kefalonia) a offert ses décors naturels au tournage du film Captain Corelli's Mandolin, de John Madden. 


A VOIR

La presqu’île de Phanari
(située à l'ouest) abrite, au fond d’un golfe paisible, le chef-lieu et port principal de l’île, Argostoli, au coeur de la région du royaume antique de Kranè (ou Kranaia). Désignée chef-lieu en 1757, c’est une agglomération moderne, qui fut presque entièrement reconstruite après le tremblement de terre de 1953.
Des études récentes l’identifient à l’ancienne Melitè, citée dans les Actes des Apôtres.
La place centrale de la ville, Plateia Valianou, est entourée par de nombreux restaurants et cafés. Cette place est très animée le soir. La rue piétonne, Lithostroto, est la rue la plus commerciale de l'île.
Vous y trouverez un grand nombre de cafés et de magasins. Tout près, se situe la belle église Spyridon qui possède une magnifique iconostase en bois sculpté.

Il vaut la peine de visiter les Gouffres de Katavothrès (appelés également moulins de la mer), à l’entrée du port, site d’un phénomène géologique rare, l’eau de mer disparaissant dans des fissures du sol pour resurgir près de Karavomilo (dans la région de Sami, à l'est) et dans la lagune de Koutavo, où subsistent les vestiges de l’antique Kranaia. Ce phénomène naturel unique constitue encore un véritable mystère pour les géologues.
À 3 km au sud de la ville, on trouvera la grotte d’Agios Gerassimos, où vécut le saint ermite protecteur de l’île ; dans la vallée des Omalon, au pied verdoyant du mont Ainos, se dresse le monastère homonyme, qui abrite les reliques du saint.

La deuxième ville de Céphalonie est Lixouri, port important situé sur la presqu’île de Palè, au nord-ouest du chef-lieu. Elle permet de voir une remarquable collection archéologique.
Non loin de là se trouve Paleo-kastro, où ont été mis au jour les vestiges de l’antique Palè ; à Kontogenada, ce sont des tombes mycéniennes et des églises contenant des icônes post byzantines
que l’on pourra voir.
Il existe aussi dans la région de très beaux monastères possédant des iconostases de bois sculpté et des icônes de valeur (Panagia Koronatou, XVIIe s. ; Panagia Kechrionos, Kipoureon et Tafion).
Au sud de la presqu’île, près du village de Mantzavinata, on verra la «Kounopetra», roche immergée dans la mer qui bougeait d’une manière curieuse jusqu’aux tremblementsde terre de 1953, et qui s'est stabilisée depuis.

Au nord-est d’Argostoli, on rencontrera Sami, port principal de Céphalonie. La ville est bâtie sur la baie du même nom, dans la région de l’antique Samè (citée dans l'Odyssée).
Les fouilles ont mis au jour des trouvailles importantes d’époque hellénistique et romaine, ainsi que des vestiges de remparts cyclopéens.
Melissani
Le lac de Karavomilo, situé dans la région, est alimenté par les eaux qui viennent des gouffres d’Argostoli ; non loin de là, la grotte lacustre de Melissani, semblable à un gouffre elle aussi, a des eaux turquoise phosphorescentes

À 5 km au SO, ce sera la grotte de Drongarati, aux stalagmites et stalactites impressionnantes, dont l’acoustique est extraordinaire.
Mais il y a aussi des grottes à Angalaki, Agii Theodori, Agia Eleoussa et Zervati.

Au nord de Sami, se présente la localité d’Agia Efimia, avec sa plage de galets et son charmant port qui accueille voiliers et bateaux de croisière et permet d’accéder par la mer aux plages du nord-est de l’île (Agriosiko, Agia Sofia, Kalo Limani, Kapsolimnionas, etc.).

Assos est une magnifique bourgade construite dans un paysage idyllique, au point le plus étroit de la presqu’île du même nom, au nord d’Argostoli.
La colline cache les ruines de la forteresse vénitienne et du rempart édifié à la fin du XVIe siècle pour protéger les habitants contre les raids des pirates.
Au sud-ouest d’Assos, dans la baie de Mirto (Myrtos), s’étend l’une des plus belles plages de galets de Grèce (Aghia Kiriaki).

Plus au nord, à la pointe de la presqu’île d’Erissos, on découvrira la localité enchanteresse de Fiskardo, avec son architecture traditionnelle (c’est le seul village de l’île épargné par les tremblements de terre de 1953).
Le village est environné d’une impressionnante forêt de cyprès qui descend jusqu’à la mer (plages d’Emplissi, Foki, sur le cap de Dafnoudi, etc.).

L’une des localités de bord de mer les plus intéressantes de l’île est Poros (à 41 km à l’est d’Argostoli), situé au coeur d’une région très verdoyante. Non loin de là se trouve le monastère de la Theotokou tis
Atrou, qui est le plus ancien couvent de Céphalonie (VIIIe s.).

Près du village de Travliata, le monastère d’Agios
Andreas abrite de précieuses icônes ; en face se dresse la forteresse vénitienne d’Agios Georgios (XIIIe s.), sur le site du chef-lieu médiéval de l’île. Elle est assez bien conservée ; on en voit les imposants remparts et les passages souterrains.

Au sud de l’île, on ira visiter la localité de Kateleios, sise sur la baie du même nom et dotée d’une belle plage de sable blond, et non loin de là, Skala. On y a découvert une construction d’époque romaine (IIe s. apr. J.-C.), avec des mosaïques en bon état de conservation. La région a aussi livré les ruines d’un temple dorique dédié à Apollon (Ve s. av. J.-C.) et la grotte de Sakkos, d’intérêt archéologique réel.

ÎLES VOISINES

Au SE d’Argostoli se trouve l’îlot de Dias (ou Theionissi), où la tradition rapporte la présence d’un temple de Zeus.Céphalonie
Les autres îles désertes au large des côtes méridionales de Céphalonie sont Vardiani, en face de la «Kounopetra», et Agia Pelagia.

Pour les amoureux des bains de soleil et de la baignade qui souhaiteraient avoir une liste un peu plus exhaustive des plages  de Céphalonie,
cliquez sur la photo !
(Lien conduisant au forum des francophones de Céphalonie)






ITHAQUE (ITHAKI) - Superficie : 96 km2 - 101 km de côtes - Spécialités : huile, vin et broderies

Ithaque


Universellement connue grâce à l’Odyssée d’Homère, cette île est un lieu mythique et symbolique, la terre du retour tant désiré du roi Ulysse et de ses compagnons.

Tant d'années pour remettre pied dans son pays natal ! Nous laisserons de côté le bain de sang des prétendants de Pénélope pour découvrir cette île qui s'accommode fort bien de sa renommée.


Habitée dès l’époque préhistorique, elle tiendrait son nom d’Ithakos, fils de Poséidon et d’Amphimilè.

A VOIR


Le chef-lieu et port de l’île est Vathi, 
construit à l’emplacement du port homérique de Phorkys, abrité au sein d’une rade profonde et sûre.Dans cette rade fermée se trouve également l’îlot verdoyant de Lazareto (ou tou Sotira), sur lequel se dissimulent une petite église du même nom et des ruines de bâtiments vénitiens (sous la domination anglaise, il servit de lazaret).
Le Musée archéologique et le musée d’Art populaire et de la Marine présentent un intérêt particulier ; la cathédrale 
abrite une très belle iconostase de bois sculpté, datée de 1793.
Fin août-début septembre, des manifestations autour d’Ulysse et d’Homère sont organisées à Vathi.
Il vaut la peine de visiter la région de l’Aetos (une étroite langue de terre qui unit le Nord et le Sud de l’île), connue sous le nom de « château d’Ulysse » (cité antique d’Alalkomenès), où l’archéologue Schliemann, à la recherche de la «cité d’Ulysse», mit au jour des vestiges de murs, des temples, ainsi que des trouvailles importantes dont la plupart se trouvent au British Museum à Londres.

Le lieu-dit Spileo ton Nimfon (Grotte des Nymphes), à 3 km à l’ouest du chef-lieu, est également lié à Ulysse et à la mythologie.

Au nord de l’île, on découvrira le petit village reculé d’Anogi, construit sur un plateau du mont Niritos et jouissant d’une vue magnifique sur la mer, avec une belle église dédiée à la Dormition de la Vierge (Kimisis tis Theotokou) ornée de fresques byzantines. Non loin du village, à 600 m d’altitude, se dresse le monastère Katharon, dédié également à la Vierge.
Les alentours sont parsemés de menhirs.
Les autres beaux villages de la partie nord de l’île sont Agios Ioannis, Lefki (construit sur le versant ouest du mont Niritos et doté d’un petit port appelé Amoudaki), et Stavros : ce dernier village est le plus grand de l’île, à 17 km au nord-ouest du chef-lieu, dans une région recelant de nombreuses surprises archéologiques. À 1 km au nord de Stavros environ se trouve la colline des Pilikata, où les fouilles ont mis au jour les vestiges d’un petit établissement du IIIe millénaire avant notre ère, avec une portion d’un rempart cyclopéen et une voie dallée.
Près du petit port de Stavros, dans la baie de Polis, se trouve la grotte de Loïzou.
Il s’agit d’un site cultuel très ancien, où ont été découverts des fragments de céramique portant des inscriptions gravées qui attestent le culte des déesses Artémis, Héra et Athéna, ainsi qu’une douzaine de trépieds, dons des Phéaciens à Ulysse.
Toujours au nord, on rencontre Exogi, le village le plus isolé d’Ithaque, construit à 500 m d’altitude et jouissant d’une vue splendide ; Platrithia, dans un paysage verdoyant, avec ses vestiges mycéniens non loin de là, en un endroit connu sous le nom d’ « École d’Homère 
».

A l'est de l'île, en bord de mer, on trouve Frikès, avec son petit port pittoresque (d’où partent les ferry-boats pour Céphalonie et Leucade) et ses moulins à vent ; enfin, le très beau village (classé) cosmopolite de Kioni et son port naturel.

Au sud de l’île, on rencontre le petit village méditerranéen de Perahori, et au sud-ouest de celui-ci, le monastère Taxiarchon, fondé en 1645.
Le village est animé par une coopérative agrotouristique qui produit des cultures biologiques et loue des maisons traditionnelles. On trouvera également dans la région les ruines de la cité médiévale de Paleohora, qui fut le chef-lieu de l’île jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Plus au sud, sur le rivage qui fait face à l’îlot de Pera Pigadi, la légende situe la fontaine Aréthuse et la « Roche du Corbeau » homérique, et non loin de là, au lieu-dit Elliniko, la porcherie d’Eumée.
Ulysse fut guidé
vers ce site par Athena, lors de son retour à Ithaque. Que le héros se rende donc chez Eumée, dit la déesse à son protégé ! Il sait bien où :
"… là où paissent les porcs,
près de la roche du Corbeau, sur la source Aréthuse,
se nourrissant de gland salubre et buvant de l'eau noire."
(Od, XIII, 404-409, J.)






ZANTE (ZAKINTHOS) - Superficie : 406 km2 - 123 km de côtes - Spécialités : nougat, fromage conservé dans l'huile, vin et eaux de toilette


Zante


« Fleur du Levant » des Vénitiens, l’île est renommée pour la beauté de ses paysages naturels et pour être le refuge de la tortue caretta-caretta.

Selon la légende, elle tient son nom de celui qui fut le premier à la coloniser, l’Arcadien Zakynthos.

La partie orientale de l’île est couverte d’une riche végétation de plaine et contraste avec la partie occidentale, montagneuse.
Dans le prolongement, les côtes sont douces à l’est, mais abruptes et rocheuses à l’ouest.

A VOIR

Le chef-lieu de l’île
, qui porte le même nom qu’elle et en est aussi le port principal, se trouve sur la côte sud- est.  Les tremblements de terre de 1953 ont épargné de belles églises abritant des icônes dues à des peintres originaires de l’île ou crétois (Panagia ton Angelon, Faneromeni, Agios Nikolaos Molou, toutes construites au XVIIe siècle).
La large avenue du bord de mer (Strata Marina)
vous fera rencontrer l’impressionnante église du saint patron de l’île, Agios Dionysios. Édifiée en 1708, elle fut rénovée en 1764 et est ornée de précieuses icônes, réalisées par les peintres Koutouzis et Doxaras. Elle abrite aussi une châsse contenant les reliques du saint, transférée en 1717 du monastère des Strofades où il avait été enterré.
Sont également très intéressants, le Musée byzantin et post-byzantin, le Musée Solomos et des Zakynthiens illustres et la Pinacothèque.

À 2 km s’élève la colline de Strani,
où l’on peut admirer un splendide panorama sur la ville et voir le buste du poète national D. Solomos. C’est là, dit-on, que le poète conçut « L’Hymne à la liberté », qui fut par la suite mis en musique et devint l’hymne national grec.
Les ruines de la forteresse vénitienne couronnent la colline voisine de Bochali, qui surplombe la banlieue pittoresque et fleurie du même nom, où l’on visitera l’église de la Zoodohos Pighi et la chapelle historique Agios Georgios ton Filikon, où, pendant la lutte contre les Turcs, les nouveaux membres de la Société des Amis prêtaient serment.

L’arrière-pays de Zakinthos recèle quantité de villages traditionnels, la plupart noyés dans la verdure, avec une architecture locale préservée, des églises intéressantes, des monastères aux clochers typiques, des sources rafraîchissantes et des habitants accueillants. Rangez votre manuel de grec en dix lessons et misez sur la communication gestuelle.

Les fameuses Grottes azurées (Grottes bleues) qui comptent parmi les plus belles de Grèce sont
situées au nord de l’île, à Skinari, elles ont été découvertes par hasard en 1897. Il s’agit d’une grotte marine faite de deux salles dans le prolongement l’une de l’autre, où les rayons du soleil se reflètent à la surface de l’eau, créant d’incroyables chatoiements azurés, tandis que le fond scintille de mille nuances de saphir.
Plus au sud se trouvent une autre grotte marine appelée Xinkia et une source aux eaux sulfurées.

À la pointe la plus méridionale de l’île (à l’ouest du golfe de Lagana), se cache le village de Keri, construit dans un paysage imposant, à proximité du cap abrupt du même nom, surmonté d’un phare, d’où la vue sur la mer est à couper le souffle. Non loin du village (au nord-ouest de Marathia) s’étend le lac de Keri, région connue dès l’Antiquité pour ses sources de poix minérale.

Mais la partie la plus attirante de l’île, ce sont ses plages incomparables, plages organisées ou petites criques isolées baignées d’eaux transparentes, rochers escarpés qui donnent le frisson ou plages paisibles bordées jusqu’à la mer par la végétation.

Au sud, le golfe de Lagana et les agglomérations de Kalamaki, Lagana et Agio Sosti forment la région balnéaire la plus importante de l’île. La plage fait 9 km de long et dispose d’hébergements modernes, de tavernes, de restaurants, etc. Toute cette zone étant le lieu de ponte de l’espèce rare de tortue appelée caretta-carretta, c'est un biotope protégé.

A l'est de l'île, près du village d’Anafotiria, la plage Navagio est la plage la plus célèbre de toute la Grèce. Elle fait partie des cent plus belles plages du monde.

ÎLES VOISINES

LES STROFADES
(situées à 42 m.m. au sud de Zakinthos) : la plus grande de ce chapelet d’îles désertes abrite le monastère forteresse de la Metamorfossi tou Sotiros (Transfiguration) (XIIIe s.).
Les îles sont accessibles en caïque.

Les autres petites îles des environs sont Agios Ioannis, Agios Nikolaos, Marathonissi, Pelouzo et Agios Sostis.